Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/277

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

mais cette crainte se tait devant les intérêts particuliers : de telle sorte que si d’un côté la Grande-Bretagne pouvait exclure nos marchandises de la Péninsule, et que de l’autre elle pût reconnaître l’indépendance des colonies espagnoles, elle prendrait facilement son parti sur les événements, et se consolerait des malheurs qui pourraient accabler de nouveau les monarchies continentales. Le même principe qui empêche l’Angleterre de retirer son ambassadeur de Constantinople lui fait envoyer un ambassadeur à Madrid : elle se sépare des destinées communes, et n’est attentive qu’au parti qu’elle pourra tirer des révolutions des empires.

« J’ai l’honneur, etc. »

Revenant dans ma dépêche du 16 Juillet, no 40, sur les nouvelles d’Espagne, je dis à M. de Montmorency :


No 40
« Londres, ce 16 juillet 1822.

« Monsieur le vicomte,

« Les journaux anglais, d’après les journaux français, donnent ce matin des nouvelles de Madrid jusqu’au 8 inclusivement. Je n’ai jamais espéré mieux du roi d’Espagne, et n’ai point été surpris. Si ce malheureux prince doit périr, le genre de la catastrophe n’est pas indifférent au reste du monde : le poignard n’abattrait que le monarque, l’échafaud pourrait tuer la monarchie. C’est déjà beaucoup trop que le jugement de Charles ier et