Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/308

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M. DE CHATEAUBRIAND À M. DE TALARU[1].

« Paris, 9 juin 1824.

« Je ne suis plus ministre, mon cher ami ; on prétend que vous l’êtes. Quand je vous obtins l’ambassade de Madrid, je dis à plusieurs personnes qui s’en souviennent encore : « Je viens de nommer mon successeur. » Je désire avoir été prophète. C’est M. de Villèle qui a le portefeuille par intérim.

« Chateaubriand. »

M. DE CHATEAUBRIAND À M. DE RAYNEVAL[2].

« Paris, 16 juin 1824.

« J’ai fini, monsieur ; j’espère que vous en avez encore pour longtemps. J’ai tâché que vous n’eussiez pas à vous plaindre de moi.

« Il est possible que je me retire à Neuchâtel, en Suisse ; si cela arrive, demandez pour moi d’avance à Sa Majesté prussienne sa protection et ses bontés : offrez mon hommage au comte de Bernstorff, mes amitiés à M. Ancillon, et mes compliments à tous

  1. Louis-Justin-Marie, marquis de Talaru (1769-1850), pair de France et maréchal de camp. Il était ambassadeur à Madrid.
  2. François-Joseph-Maximilien Gérard, comte de Rayneval (1778-1836). Il était alors ambassadeur à Berlin. Quand éclata la révolution de juillet, il était ambassadeur à Vienne. Rappelé à Paris, il se tint d’abord à l’écart, mais ne tarda pas à se rallier au nouveau gouvernement. Casimir Périer le fit nommer ambassadeur à Madrid (février 1832). Sa santé s’étant gravement altérée en Espagne, il succomba, à Sainte-Ildefonse, le 16 août 1836, au cours d’un voyage qu’il fit pour rejoindre la reine Isabelle.