Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/342

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« Je suis trop accablé de douleur pour pouvoir entrer dans de plus longs détails. Nous nous disposons pour retourner en France avec les restes précieux de la meilleure des mères et des amies. Enguerrand[1] reposera entre ses deux mères.

« Nous passerons par Lausanne, où M. de Custine ira vous chercher aussitôt notre arrivée.

« Recevez, monsieur, l’assurance de l’attachement respectueux avec lequel je suis, etc.

« Berstœcher.[2] »

Cherchez plus haut et plus bas ce que j’ai eu le bonheur et le malheur de rappeler relativement à la mémoire de Mme de Custine.

Les Lettres écrites de Lausanne[3], ouvrage de Mme de Charrière, rendent bien la scène que j’avais chaque jour sous les yeux, et les sentiments de grandeur qu’elle inspire : « Je me repose seule, dit la mère de Cécile, vis-à-vis d’une fenêtre ouverte qui donne sur le lac. Je vous remercie, montagnes, neige, soleil, de tout le plaisir que vous me faites. Je vous remercie, auteur de tout ce que je vois, d’avoir voulu que ces choses fussent si agréables à voir. Beautés frappantes et aimables de la nature !

  1. Louis-Philippe-Enguerrand de Custine, fils unique de Léontine de Saint-Simon de Courtomer et d’Astolphe de Custine, mort à l’âge de trois ans, le 2 janvier 1826. Il est enterré dans la chapelle du château de Fervacques entre sa mère et sa grand’mère.
  2. M. Berstœcher était l’ancien précepteur d’Astolphe de Custine.
  3. Caliste ou Lettres écrites de Lausanne, roman de Mme de Charrière.