Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/352

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Mes derniers articles ranimèrent jusqu’à M. de Lafayette qui, pour tout compliment, me lit passer une feuille de laurier. L’effet de mes opinions, à la grande surprise de ceux qui n’y avaient pas cru, se fit sentir depuis les libraires qui vinrent en députation chez moi, jusqu’aux hommes parlementaires les moins rapprochés d’abord de ma politique. La lettre donnée ci-dessous, en preuve de ce que j’avance, cause une sorte d’étonnement par la signature. Il ne faut faire attention qu’à la signification de cette lettre, au changement survenu dans les idées et dans la position de celui qui l’écrit et de celui qui la reçoit : quant au libellé, je suis Bossuet et Montesquieu, cela va sans dire ; nous autres auteurs, c’est notre pain quotidien, de même que les ministres sont toujours Sully et Colbert,


« Monsieur le vicomte,

« Permettez que je m’associe à l’admiration universelle : j’éprouve depuis trop longtemps ce sentiment pour résister au besoin de vous l’exprimer.

« Vous réunissez la hauteur de Bossuet à la profondeur de Montesquieu : vous avez retrouvé leur plume et leur génie. Vos articles sont de grands enseignements pour tous les hommes d’État.

« Dans le nouveau genre de guerre que vous avez créé, vous rappelez la main puissante de celui qui, dans d’autres combats, a aussi rempli le monde de sa gloire. Puissent vos succès être plus durables : ils intéressent la patrie et l’humanité.

« Tous ceux qui, comme moi, professent les prin-