Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/360

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redevenus, derrière moi, constitutionnels : M. Michaud[1] m’écrivait :


« Mon honorable maître,

« J’ai fait imprimer hier l’annonce de votre ouvrage sur la censure ; mais l’article, composé de deux lignes, a été rayé par MM. les censeurs. M. Capefigue[2] vous expliquera pourquoi nous n’avons pas mis de blancs ou de noirs.

« Si Dieu ne vient à notre secours, tout est perdu ; la royauté est comme la malheureuse Jérusalem entre les mains des Turcs, à peine ses enfants peuvent-ils en approcher ; à quelle cause nous sommes-nous donc sacrifiés !

« Michaud. »

L’opposition avait enfin donné de l’irascibilité au tempérament froid de M. de Villèle, et rendu despotique l’esprit malfaisant de M. de Corbière. Celui-ci avait destitué le duc de Liancourt[3] de dix-sept places

  1. Joseph Michaud, directeur de la Quotidienne. Voir, au tome II, la note 1 de la page 367 (note 80 du Livre II de la Deuxième Partie).
  2. Jean-Baptiste-Honoré-Raymond Capefigue (1802-1872), publiciste et historien. Il a publié, sur l’histoire de France, plus de cent volumes, qui, pour avoir été hâtivement composés, n’en ont pas moins une très réelle valeur. Ses meilleurs ouvrages sont : l’Europe pendant le Consulat et l’Empire de Napoléon (10 vol. in-8o) et l’Histoire de la Restauration (10 vol. in-8o). Il était, en 1827, un des rédacteurs de la Quotidienne.
  3. François-Alexandre-Frédéric de La Rochefoucauld, duc de Liancourt (1747-1827), député à l’Assemblée constituante de 1789, représentant à la Chambre des Cent-Jours, pair de France. À la tête d’un très grand nombre d’œuvres charitables, fondateur de la première caisse d’épargne de France, l’un des principaux propagateurs de l’enseignement mutuel, il jouissait d’une extrême popularité. Il mourut le 27 mars 1827, et ses funérailles