Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/417

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faire entrer par une porte particulière qui s’ouvrait sur l’amphithéâtre. En entrant elle releva son voile, parcourut d’un coup d’œil les rangs des accusés, afin d’y trouver Moreau. Il la reconnut, se leva et la salua. Tous les regards se tournèrent vers elle ; elle se hâta de descendre les degrés de l’amphithéâtre pour arriver à la place qui lui était destinée. Les accusés étaient au nombre de quarante-sept ; ils remplissaient les gradins placés en face des juges du tribunal. Chaque accusé était placé entre deux gendarmes : ces soldats montraient au général Moreau de la déférence et du respect.

On remarquait MM. de Polignac et de Rivière, mais surtout Georges Cadoudal. Pichegru, dont le nom restera lié à celui de Moreau, manquait pourtant à côté de lui, ou plutôt on y croyait voir son ombre, car on savait qu’il manquait aussi dans la prison.

Il n’était plus question de républicains, c’était la fidélité royaliste qui luttait contre le pouvoir nouveau ; toutefois, cette cause de la légitimité et de ses partisans nobles avait pour chef un homme du peuple, Georges Cadoudal. On le voyait là, avec la pensée que cette tête si pieuse, si intrépide, allait tomber sur l’échafaud ; que lui seul peut-être, Cadoudal, ne serait pas sauvé, car il ne ferait rien pour l’être. Il ne défen-

    la Physiologie du mariage, lui a consacré une intéressante notice dans la Biographie universelle, de Michaud. « Brillat-Savarin, dit-il, offrait une des rares exceptions à la règle qui destitue de toute haute faculté intellectuelle les gens de haute taille ; quoique sa stature presque colossale lui donnât en quelque sorte l’air du tambour-major de la Cour de cassation, il était grand homme d’esprit, et son ouvrage se recommande par des qualités littéraires peu communes. »