Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/526

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Mais, ô miracle de bonté ! je retrouverai dans votre sein l’ami vertueux que j’ai perdu ! Je l’aimerai de nouveau par vous et en vous, et mon âme entière, en se donnant, se retrouvera unie à celle de mon ami. Notre attachement divin partagera alors votre éternité.

IX

chateaubriand et le ministère martignac[1].

La lutte très vive à laquelle avait donné lieu, au début de la session de 1828, la vérification des pouvoirs, l’élection de M. Royer-Collard à la présidence de la Chambre, la nomination de la commission chargée de la rédaction de l’adresse au roi, commission dont la majorité était hostile au précédent ministère, avaient créé pour Mgr de Frayssinous et M. de Chabrol, qui avaient fait partie du ministère Villèle, une situation difficile au sein du nouveau cabinet comme devant les Chambres. Hommes de tact et d’honneur, ils ne voulurent pas devenir un embarras et, le 3 mars 1828, ils offrirent leur démission, qui fut acceptée.

On était à la veille de la discussion de l’adresse. Comprenant qu’au premier jour la majorité ne serait plus avec eux, les ministres supputèrent les voix dont ils pouvaient disposer et présentèrent au roi le résultat de leur calcul. Charles X en fut effrayé, et il fut décidé qu’une démarche serait faite près de Chateaubriand pour lui demander de donner son appui au cabinet, en acceptant le ministère de la marine, laissé vacant par la retraite de M. de Chabrol. Mgr Feutrier, évêque de Beauvais, devait remplacer Mgr de Frayssinous. Mais je dois ici laisser la parole à un témoin particulièrement bien informé, M. Hyde de Neuville :

  1. Ci-dessus, p. 359.