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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

M. A. Sala[1] arrivèrent. Celui-ci avait été officier dans la garde royale, et il a été substitué dans mes affaires de librairie à M. Delloye[2], major dans la même garde.

    nommé maréchal de camp, gentilhomme d’honneur du duc d’Angoulême et inspecteur d’infanterie. En 1823, il prit part à l’expédition d’Espagne, où sa conduite lui valut le grade de lieutenant-général. Ambassadeur à Berlin (1825), puis à Madrid (1827), il négocia le traité par lequel l’Espagne s’engageait à rembourser à la France, par annuités de 4 millions, sa dette de 80 millions. Au mois d’août 1830, il donna sa démission et fut nommé par le roi Ferdinand VII grand d’Espagne et duc d’Almazan. Devenu l’un des conseillers de la duchesse de Berry, il fut l’un des principaux organisateurs de la tentative royaliste de 1832, et s’embarqua avec la princesse sur le Carlo-Alberto. Arrêté à la Ciotat, au moment où il débarquait, et traduit devant la cour d’assises de Montbrison, ainsi que les autres prévenus de l’affaire du Carlo-Alberto et de la « conspiration de Marseille », il fut acquitté, le 15 mars 1833, de même que tous ses co-accusés. À peine libre, il alla rejoindre en Italie la duchesse de Berry. Il fut élu, en 1848, représentant de l’Hérault à l’Assemblée législative, où il fut l’un des chefs de la majorité. Sous le second Empire, il fut l’un des serviteurs les plus zélés et les plus intelligents du comte de Chambord, qui lui écrivit en 1867, sur la situation politique, une lettre qui eut un grand retentissement.

  1. Sur M. Adolphe Sala, voir au tome V la note 2 de la page 287 (note 49 du Livre XIV de la Troisième Partie).
  2. Ancien officier de la garde royale, démissionnaire en 1830, M. Delloye s’était fait libraire. Il n’éditait guère, comme de raison, que des ouvrages royalistes. Ce fut lui qui, en 1836, quand Chateaubriand était dans les plus grands embarras d’argent, sut trouver une combinaison satisfaisante pour les intérêts et les intentions de l’illustre écrivain. La société formée par M. Delloye garantissait à M. et à Mme de Chateaubriand une rente viagère honorable, lui fournissait les sommes dont il avait besoin dans le moment, et ajournait à des époques éloignées la publication des Mémoires d’Outre-Tombe, du Congrès de Vérone, et des œuvres auxquelles l’auteur voudrait consacrer les loisirs que les événements lui avaient faits.

    Le 30 juin 1836, Chateaubriand adressa à l’honorable éditeur la lettre suivante :