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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

chesse de Berry la lettre suivante, et j’y ajoutai un post-scriptum le 15 novembre de la même année :

« Madame,

« M. Walsh[1] m’a remis la lettre dont vous avez bien voulu m’honorer. Je serais prêt à obéir au désir de Votre Altesse Royale, si les écrits pouvaient à présent quelque chose ; mais l’opinion est tombée dans une telle apathie que les grands événements la pourraient à peine soulever. Vous m’avez permis, madame, de vous parler avec une franchise que mon dévouement pouvait seul excuser : Votre Altesse Royale le sait, j’ai été opposé à presque tout ce qui s’est fait ; j’ai osé même n’être pas d’avis de son voyage à Prague. Henri V sort maintenant de l’enfance ; il va bientôt entrer dans le monde avec une éducation qui ne lui a rien appris du siècle où nous vivons. Qui sera son guide, qui lui montrera les cours et les hommes ? Qui le fera connaître et comme apparaître de loin à la France ? Questions importantes qui, vraisemblablement et malheureusement, seront résolues dans le sens que l’ont été toutes les autres. Quoi qu’il en soit, le reste de ma vie appartient à mon jeune roi et à son auguste mère. Mes prévisions de l’avenir ne me rendront jamais infidèle à mes devoirs.

  1. Le vicomte Édouard Walsh. Il était, depuis le 25 septembre 1835, directeur de la Mode, la plus vive des feuilles royalistes, publiée sous le patronage de la duchesse de Berry. M. Édouard Walsh était le fils du vicomte Joseph Walsh, l’auteur des Lettres Vendéennes (1825), du Fratricide ou Gilles de Bretagne (1827), du Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (1836), des Journées mémorables de la Révolution française (1839-1840). des Souvenirs de Cinquante ans (1844), etc.