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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

blir les relations amicales entre les deux cours était entre les mains du roi, et que tant que la démarche que l’empereur attendait ne serait pas franchement faite, il était inutile d’espérer un raccommodement. Le comte de Beroldingen a paru apprendre quelque chose de nouveau ; nous nous sommes bien expliqués, et j’ai eu sa promesse que la première chose dont il s’occuperait en arrivant à Stuttgard serait d’obtenir du roi la lettre qui seule peut tout arranger. Depuis son départ, j’ai eu avec M. Fleischmann, resté chargé d’affaires, de fréquents entretiens : c’est un homme d’un excellent esprit, beaucoup plus calme et plus entendu que M. de Beroldingen ; il s’est laissé diriger par nos conseils et c’est après m’être consulté avec le comte de Nesselrode que je l’ai conseillé non seulement d’écrire avec toute espèce de franchise au roi, mais même de lui envoyer le modèle d’une lettre qui n’aurait rien que de très convenable pour la dignité du souverain, et qui mettra fin à toute cette mésintelligence.

« Le prince de Hohenlohe, envoyé ici par le roi de Würtemberg pour complimenter sur le mariage du grand-duc Michel[1], était un choix heureux. Allié de la famille, personnellement connu et fort estimé de l’empereur et de l’impératrice, le prince de Hohenlohe était sans contredit l’homme le plus propre à bien remplir une négociation du genre de celle qui paraissait lui être confiée. Malheureusement il n’était

  1. Michaël-Paulowitch, né le 8 février 1798, frère de l’empereur Alexandre. Il avait épousé le 19 février 1824, la princesse Frédéricque-Charlotte-Marie de Würtemberg. Voir au tome V, la note 1 de la page 195 (note 53 du Livre XIII de la Troisième Partie).