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APPENDICE


I

chateaubriand et l’hirondelle[1]

L’hirondelle était l’oiseau préféré de Chateaubriand. Il se plaisait à regarder ses jeux, à la suivre dans son vol, et il trouvait toujours, pour parler d’elle, des paroles charmantes. M. de Marcellus nous en a conservé quelques-unes, qui doivent ici trouver place :

En 1822, écrit-il (Chateaubriand et son temps, page 460), par un des jours les moins nébuleux de l’été de Londres, M. de Chateaubriand me proposa de l’accompagner dans sa promenade favorite aux ombrages les moins fréquentés de Kensington-Garden ; il s’arrêta longtemps aux bords de Serpentine-River, occupé à regarder les jeux des hirondelles sur la surface unie du petit lac ; puis, se trouvant dans une veine d’expansion toujours fort rare chez lui : « Connaissez-vous, me dit-il, la physiologie de l’hirondelle, s’il faut parler comme notre siècle, tracée par la main de Buffon ? »

Or il advint que, dès mon enfance, passée à la campagne au milieu des hirondelles, j’avais enregistré dans ma mémoire ce brillant paragraphe, et j’en répétai les principaux traits…

M. de Chateaubriand écouta ma récitation comme l’écho d’un souvenir de son jeune âge ; puis, après un moment de silence :

  1. Ci-dessus, page 180.