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CHARLES GUÉRIN.


QUATRIEME PARTIE.

I.

UNE PAUVRE FAMILLE.



LES reines ont été vues pleurant comme de simples femmes, et l’on s’est étonné de la quantité de larmes que contiennent les yeux des rois. (Attala.)

C’était en effet une idée classique et traditionnelle que l’infortune seule des rois et des princes devait toucher les autres humains. Cette idée, à laquelle Châteaubriand sacrifiait sans le vouloir, était cependant une de celles qu’il avait pour mission de détruire par l’importante révolution qu’il devait opérer dans la littérature française, en créant une poétique chrétienne, et en effaçant les derniers vestiges littéraires du paganisme.

Aujourd’hui il est assez généralement convenu que, si les infortunes des grands ont quelque chose de plus tragique par le contraste qu’elles font avec la grandeur même, il existe cependant dans de plus humbles sphères des péripéties aussi poignantes quoique moins éclatantes, des drames intimes qui,