Page:Chauveau - Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes, 1853.djvu/340

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CHARLES GUÉRIN.


IX.

LE NEVEU DE MON ONCLE.



LE jour même de l’enterrement de M. Dumont, Charles écrivit à sa co-légataire la lettre suivante :

« Mademoiselle,

« Ce n’est qu’en tremblant que j’ose vous écrire. J’ai la conviction de mes torts envers vous. Je ne chercherai point à les pallier. Connaissant vos sentimens élevés, je sais trop bien que tout ce que je pourrais dire aurait l’effet de me rendre plus odieux encore.

« Il est bien probable que ma conduite m’a valu votre complète indifférence, et c’est avec cette idée, que je me décide à vous écrire, comme je le ferais à toute autre personne, pour une affaire qui l’exige impérieusement.

« M. Duhamel, notaire, a déjà dû vous transmettre une copie authentique du testament olographe de feu votre oncle M. Dumont, lequel a été dûment prouvé par devant les juges de la Cour du Banc du Roi.

« Vous n’avez pas été peu surprise, je suppose, de me voir associé pour un tiers au legs qui vous est fait. Vous aurez pu être tentée de croire qu’une intrigue m’a valu cette part d’une fortune qui devait vous revenir toute entière, et je vous permettrais d’avoir une bien triste opinion de moi si, après ce qui s’est