Page:Chauveau - Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes, 1853.djvu/346

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CHARLES GUÉRIN.


ÉPILOGUE.
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LA NOUVELLE PAROISSE.



CHARLES épousa donc Marichette aussi promptement que son deuil le lui permit. Mais il ne se fit pas qu’un mariage ce jour-là.

Jean Guilbault eut fait preuve d’un bien mauvais goût, s’il eût pu voir tous les jours impunément l’aimable Louise. Son caractère franc et généreux convenait parfaitement à l’âme naïve et aimante de la jeune fille. Sans être sorcier, il s’était apperçu depuis longtemps de l’impression que fesaient sur Mlle. Guérin ses visites fréquentes, et le jour même ou il reçut ses diplômes, il déclara formellement ses intentions.

Pierre Guérin célébra la messe de mariage, et les deux nouveaux couples se rendirent immédiatement dans la paroisse de Jacques Lebrun, où le Docteur devait exercer sa profession. Charles, dès ce jour-là, fit ses adieux définitifs à l’étude du droit, quoiqu’il n’eût plus que dix-huit mois à courir pour être revêtu de la toge. Il s’est proposé de se faire une science de l’agriculture et de cultiver d’après les meilleures méthodes les terres de son beau-père. Il a réussi à merveille dans ce projet.

Pendant tout ce temps, M. Wagnaër que nous avons un peu perdu de vue, n’a fait que de bien mauvaises affaires. La bonne