Page:Chevalier - Peaux-Rouges et Peaux-Blanches, c1864.djvu/32

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nent américain, était un vrai pays perdu, tout à fait sauvage, d’un avenir très-problématique. On y exploitait déjà des mines de cuivre, mais il était encore fort douteux que l’industrie métallurgique réussît jamais à faire entrer cette contrée isolée dans le cercle de l’activité américaine. Il n’y avait certainement pas six mille habitants travaillant aux mines ou vivant d’un commerce de pacotilles sur les rives du lac. Par le fait, il ne s’agissait pas de créer un débouché pour une population déjà existante, mais de créer une population par l’ouverture d’un débouché ; méthode générale aux États-Unis, et inverse de celle que nous employons en Europe.

« Dans cette affaire, comme dans tant d’autres, le génie des entreprises hasardeuses, qui fait la passion et la force des États-Unis, n’a pas reculé devant le calcul des mauvaises chances. Une compagnie de Boston a accepté les terres et s’est engagée à construire le canal. Le marché, conclu sur ces bases, a été rapidement exécuté. Au mois de juin 1855 la Compagnie a fait remise du canal à l’État, qui l’exploite à son profit.

« Ce magnifique ouvrage a coûté environ sept millions de francs. En contemplant les vastes solitudes qui l’entourent, la nature sauvage, grandiose et glaciale, dont il constate la puissance vaincue, semblable à un sceau mis par l’industrie humaine sur sa nouvelle conquête, on ne peut s’empêcher d’admirer l’audace du peuple qui ne craint pas de se lancer dans de pareilles