Page:Chevalier - Peaux-Rouges et Peaux-Blanches, c1864.djvu/48

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suis pas une idole ! s’écria l’ingénieur, ne sachant trop s’il devait rire ou se fâcher.

Shungush-Ouscta se leva.

— Comment, dit-il, se porte notre chef, le Soleil ?

Pour le coup, Adrien crut avoir affaire à un fou.

— Je ne comprends pas, fit-il en secouant la tête.

Le Nadoessis sourit d’un air fin.

— Mon frère, dit-il, craint que je ne sois un traître. Mais, ni moi ni les miens n’avons accepté la violence des Habits-Rouges ou des Longs-Couteaux[1] ; moi et les miens nous sommes restés fidèles à la France. Et toujours nous la servirons, elle et ses enfants[2].

En même temps, le Bon-Chien tirait de son capot une large médaille, pendue à son cou par un cordon de cuir.

— Elle vient de nos ancêtres ; c’est l’héritage du fils aîné dans ma famille, dit-il avec orgueil en la montrant au Français.

Celui-ci ne fut pas peu étonné de remarquer, sur cette médaille, l’effigie de Louis XIV, gravée en relief, dans un nimbe de rayons de soleil.

  1. Les Anglais et les Américains.
  2. L’amour des Indiens de l’Amérique septentrionale pour les Français est si vrai, si profond, que nos rivaux eux-mêmes n’ont osé le contester, je le rappelle avec un légitime sentiment de fierté nationale. Ainsi, à l’époque de la conquête du Canada par les Anglais, en 1762, un de leurs officiers, le lieutenant Henry Timberlake, écrivait :