Page:Chevalley - Le Roman anglais de notre temps.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ses récits incohérents, parce qu’il cherche surtout des scènes, des aspects. Encore ne faut-il pas oublier que The Bride of Lammermoor est admirablement composé, et que sauf les excentriques, les originaux, ses héros sont des êtres de chair et d’os aussi vivants que les contemporains. Qu’on se souvienne de son Jacques Ier, de son Louis XI, et de Morton et de Monkbarns. La vie est pour lui un spectacle plutôt qu’un problème. Mais l’immense majorité des hommes n’y voit et demande pas autre chose. Et c’est sur l’opinion de l’immense majorité que Walter Scott a fondé la grandeur de son œuvre, de son nom, et solidement assis la vertu du roman. Désormais, le roman traduit l’histoire, remplace la poésie. Entre Defoe et Addison, Fielding et Johnson, il y avait un monde social. Walter Scott est, parmi les auteurs, comme un pair du royaume. Avant lui, rien n’était indigne du roman. Après, il n’est plus rien dont le roman ne soit digne.