Page:Chiarini - Le Talmud de Babylone, vol. 1, 1831.djvu/249

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quoi les savans disent-ils : jusqu’à minuit ? Afin d’éloigner l’homme de la transgression[1].


Ghémare.


Le Tanne (ou le docteur mischnique) sur quoi se fonde-t-il lorsqu’il enseigne depuis quand[2] ? De plus quelle raison a-t-il de commencer à parler avant les vêpres, au lieu de débuter par l’aurore[3] ? Le Tanne se fonde sur la Bible où il est écrit (Deut. VI, 7.) : quand tu te coucheras et

    jection. Elle est mise ici dans la bouche des fils de Gamaliel ou de l’Halaca personnage inconnu qui soutient le dialogue du Talmud. Si le précepte de la lecture du Chema du soir, etc., dit-elle, oblige jusqu’au lever de l’aurore, comme le soutient Rabban Gamaliel, pourquoi les savans qui devaient connaître aussi bien que lui la véritable pratique de ce précepte, disent-ils jusqu’à minuit ?

  1. C’est ici Rabban Gamaliel qui répond à ses fils ou l’Halaca qui se répond à elle-même. Ce dialogisme reparaît très-ordinairement dans le Talmud. Or, quiconque connaît que l’office des savans est de faire la haie à la loi ou d’enchérir sur sa rigueur, pour faire que même les tièdes d’esprit ou les paresseux ne se trouvent jamais dans le cas de la violer, sent aussi, que les autres docteurs sont au fond du même avis que Rabban Gamaliel par rapport à la durée de l’obligation de lire le Chema du soir : Rabban Gamaliel rapporte la loi en propres termes, et les savans l’interprètent à la rigueur de la lettre et selon la pratique.
  2. תנא (Tanne) c’est un Tanaïte ou l’auteur d’une Mischne. Quelquefois c’est aussi un des Amoraïm qui explique une Mischne. Quelle raison a le Tanne, dit la Ghémara de commencer ses gloses en disant : depuis quand ? ou de débuter par une recherche qui concerne le temps ? Il faut se souvenir que la Ghémara tâche d’expliquer toutes les particularités les plus minutieuses de la Mischna, comme la Mischna les particularités les plus minutieuses de la Bible. Il faut aussi remarquer que le mot קאי (il se fonde) est une abréviation du mot קאים dérivé de la racine קים et que des abréviations de cette espèce, qui se rencontrent bien souvent dans la Ghémara, appartiennent à un dialecte vulgaire et décèlent par là l’origine, ainsi que le savoir de ses auteurs et de ses rédacteurs. Le commentaire de Raschi est ici beaucoup plus obscur que le texte : nous nous garderons donc de le rapporter, et nous en ferons autant aussi souvent qu’il ne pourra pas nous aider à tirer de la lumière de la fumée, comme dit le proverbe.
  3. C’est-à-dire, il traite du Chema des vêpres, au lieu de commencer par expliquer le Chema de l’aurore. La formule מאי שנא