Page:Choderlos de Laclos - Les Liaisons dangereuses, 1869, Tome 1.djvu/225

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deux personnes, dont l’une est déjà son meilleur ami, & l’autre lui paraît mériter l’intérêt le plus tendre.

Au château de… 14 septembre 17…



Lettre LXXIV

De la Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

Eh ! depuis quand, mon ami, vous effrayez-vous si facilement ? ce Prévan est donc bien redoutable ? Mais voyez combien je suis simple & modeste ! Je l’ai rencontré souvent, ce superbe vainqueur : à peine l’avais-je regardé ! Il ne fallait pas moins que votre lettre pour m’y faire faire attention. J’ai réparé mon injustice hier. Il était à l’Opéra, presque vis-à-vis de moi, & je m’en suis occupée. Il est joli au moins, mais très joli ; des traits fins & délicats ! il doit gagner à être vu de près. Et vous dites qu’il veut m’avoir ? assurément il me fera honneur & plaisir. Sérieusement, j’en ai fantaisie, & je vous confie ici que j’ai fait les premières démarches. Je ne sais pas si elles réussiront. Voilà le fait.

Il était à deux pas de moi, à la sortie de l’Opéra, & j’ai donné, très haut, rendez-vous à la Marquise de *** pour souper le vendredi chez la Maréchale. C’est je crois la seule maison où je peux le rencontrer.