Page:Choderlos de Laclos - Les Liaisons dangereuses, 1869, Tome 1.djvu/273

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Mais de prétendre que je me donne tant de soins pour n’en pas retirer de fruits ; qu’après m’être autant élevée au-dessus des autres femmes par mes travaux pénibles, je consente à ramper comme elles dans ma marche, entre l’imprudence & la timidité ; que surtout je puisse redouter un homme au point de ne plus voir mon salut que dans la fuite ? Non, Vicomte, jamais. Il faut vaincre ou périr. Quant à Prévan, je veux l’avoir, & je l’aurai ; il veut le dire, & il ne le dira pas : en deux mots, voilà notre roman. Adieu.

De … ce 20 septembre 17…



Lettre LXXXII

Cécile Volanges au Chevalier Danceny

Mon Dieu, que votre lettre m’a fait de peine ! J’avais bien besoin d’avoir tant d’impatience de la recevoir ! J’espérais y trouver de la consolation, & voilà que je suis plus affligée qu’avant de l’avoir reçue. J’ai bien pleuré en la lisant : ce n’est pas cela que je vous reproche ; j’ai déjà bien pleuré des fois à cause de vous, sans que ça me fasse de la peine. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la même chose.

Qu’est-ce donc que vous voulez dire, que votre