Page:Choderlos de Laclos - Les Liaisons dangereuses, 1869, Tome 1.djvu/283

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nuit soit venue, parce que, si cela se fait avec l’intelligence dont vous êtes capable, il n’y paraîtra plus le lendemain matin.

Si pourtant on s’en apercevait, n’hésitez pas à dire que c’est le frotteur du château. Il faudrait, dans ce cas, spécifier le temps, même les discours qu’il vous aura tenus : comme par exemple, qu’il prend ce soin contre la rouille, pour toutes les serrures dont on ne fait pas usage. Car vous sentez qu’il ne serait pas vraisemblable que vous eussiez été témoin de ce tracas sans en demander la cause. Ce sont ces petits détails qui donnent la vraisemblance, & la vraisemblance rend les mensonges sans conséquence, en ôtant le désir de les vérifier.

Après que vous aurez lu cette lettre, je vous prie de la relire, & même de vous en occuper : d’abord, c’est qu’il faut bien savoir ce qu’on veut bien faire : ensuite, pour vous assurer que je n’ai rien omis. Peu accoutumé à employer la finesse pour mon compte, je n’en ai pas grand usage ; il n’a même pas fallu moins que ma vive amitié pour Danceny, & l’intérêt que vous inspirez, pour me déterminer à me servir de ces moyens, quelque innocents qu’ils soient. Je hais tout ce qui a l’air de la tromperie ; c’est là mon caractère. Mais vos malheurs m’ont touché au point que je tenterai tout pour les adoucir.

Vous pensez bien que, cette communication une fois établie entre nous, il me sera bien plus facile de vous procurer, avec Danceny, l’entretien qu’il désire. Cependant