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APPENDICE II.

représente et rappelle les deux parties distinctes et voisines d’une même paroisse. Bretencourt, Breteucourt, Bertrancourt (Bertoldi, Bertocuria), est un gros hameau qui est séparé par un kilomètre environ du village de Saint-Martin. Des souvenirs intéressants, des ruines fort curieuses et bientôt anéanties ont amené plus d’une fois l’antiquaire sur la plate-forme et le versant abrupte qui dominent le chemin de fer et les maisons.

Il est facile de reconnaître, de prime abord, la position avantageuse du lieu et l’intérêt évident qu’ont eu, dans tous les temps, les maîtres de la contrée à posséder et à conserver cette clef de la vallée. Aussi trouve-t-on au bord du plateau, sur plusieurs points, des vestiges d’établissements de diverses époques. Les Celtes, prétend-on, y ont laissé des traces de leur passage ; des armes et monnaies trouvées sur les collines d’Aigremont et de Montgarrier attestent la présence d’un camp romain. Le château de Bretencourt est un des plus anciens témoins de l’époque féodale.

Pour tenir en échec le vieux château de Dourdan, que Hugues le Grand avait laissé à ses descendants couronnés comme un des forts avancés du nouveau domaine royal, Guy, comte de Rochefort-en-Yveline, seigneur de Montlhéry, vassal encore indompté du trône, fit construire le château de Bretencourt vers la fin du xie siècle. Sur l’un des côtés d’une première enceinte circulaire assez étendue, un large fossé détache une seconde enceinte, longue de 50 mètres et large de 30, qui contient un donjon rectangulaire. Ce donjon, qui est de la même date, de la même forme et de la même dimension que celui de Chevreuse, est un type de la maison-forte, domus lapidea, dérivée de la salle ou aula des nations germaniques. Les murailles, qui atteignent à peine deux mètres d’épaisseur, étaient soutenues par quatorze contre-forts, quatre sur chacun des grands côtés, trois sur les petits. Elles contenaient une salle divisée en plusieurs étages par des planchers que supportaient des murs de refend. Malheureusement ce donjon curieux, vendu pierre à pierre, a été depuis quelque temps presque entièrement démoli et ne sera bientôt plus qu’un souvenir, ainsi que les deux enceintes de l’ancienne forteresse.

La châtellenie de Bretencourt, qui embrassait un territoire assez étendu et comprenait Ablis et Auneau en partie, suivit le sort de la seigneurie de Rochefort et passa comme elle aux Montfort. Devenue, en 1181, l’apanage de Gui, troisième fils de Simon III, elle passa, par sa petite-fille Éléonore, à la maison de Vendôme, qui la posséda jusqu’à la dernière année du xive siècle. Tenue alors par Sanguin, bourgeois de Paris, et son gendre Gilles Malet, vicomte de Corbeil, elle eut à souffrir, comme Dourdan, en 1428, du terrible assaut de l’impitoyable Salisbury. Acquise par les Hurault de Cheverny, elle fut revendue, à la fin du xvie siècle, à la famille de l’Hospital Sainte-Mesme. C’est au château de