Page:Clément - La Revanche des communeux.djvu/69

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me protéger contre les étreintes du maire de Paris, je lui dis : « Eh bien, citoyen, si nous commençons comme ça, nous sommes perdus. » Et sans lui donner le temps de me faire une morale ou de m’éconduire, je lui exposai le but de ma visite.

Je dois dire qu’il ne me garda pas rancune de l’accueil un peu froid, peut-être, que j’avais fait à son enthousiaste réception. Il m’assura qu’il avait fait le nécessaire pour que les prisonniers de Beauvais fussent de suite ramenés à Paris, et que, malgré cela, il allait encore télégraphier au directeur de la prison.

On peut ne pas être un très chaud partisan des accolades fraternelles sans être pour cela un butor : je remerciai donc bien sincèrement le citoyen Étienne Arago et je le quittai pour courir me mêler à la foule entassée dans la grande salle où se jouait le sort de la journée.


I
LA JOURNÉE DE MALHEUR


Que de braves gens et que de scélérats il y avait là !

Vous auriez en vain cherché un bonapartiste dans toute cette foule. Depuis midi tout le monde, à Paris, était républicain ! Les plébisciteux étaient souriants. On eût dit qu’ils avaient peur d’être reconnus et qu’on les fît prisonniers de guerre.