distribution et redoutant, dit-il, que ses artistes chantent la Marseillaise sur l’air de la Grâce de Dieu.
— Vous n’avez pas d’acteurs ! répondait-il à Montigny quand le directeur insistait.
Mlle Tessandier fut engagée, Pailleron donna la pièce, qu’on répéta longtemps et Montigny frémissait encore la veille de la répétition générale. On représente enfin la pièce. Elle va aux nues. À la sixième représentation, Montigny, enchanté, apporte à l’auteur une prime de dix mille francs, et son pauvre et admirable théâtre étant alors à bas, n’appelle plus, dès lors, Pailleron que son terre-neuve.
Après l’Âge ingrat, Édouard Pailleron écrivit l’Étincelle, M. Perrin n’aime guère les pièces en un acte. Celle-ci fit courir par toute la salle une électricité joyeuse. C’est un chef-d’œuvre en son genre, un chef-d’œuvre d’esprit alerte et de sensibilité. L’Étincelle valut à Mlle Croizette un succès complet ; le public se détachait d’elle, elle le ramena avec cette aimable création.
Nous arrivons au Monde où l’on s’ennuie, qui a donné à Pailleron une popularité incontestée. Mais, avant de faire représenter cette ir-