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Page:Claretie - Édouard Pailleron, 1883.pdf/39

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poésie intime, du drame à la fine comédie satirique, des vers des Parasites ou du Théâtre chez Madame à cette langue étincelante, prime-sautière, parisienne, d’essence et de tapage si modernes, langue d’aujourd’hui, de demain, mêlant son cliquetis boulevardier à la clarté robuste du bon vieux français de Béroalde, langue si française et si contemporaine de l’Âge Ingrat et du Monde où l’on s’ennuie. Cette diversité de l’œuvre, on la retrouverait, je le répète, dans le dualisme même de cette nature très particulière et bien personnelle, dans cet esprit si spécial, dans ce caractère à la fois cordial et correct, sceptique et enthousiaste, gai et attendri, charmant par-dessus tout, spirituel en diable et séduisant au possible.

Celui-là est bien un moderne, en vérité, un homme complexe de ce temps complexe : homme d’action et homme d’étude, liseur acharné et nageur éperdu, aimant la chasse et les bouquins, l’escrime quotidienne et le far niente entrecoupé de cigares et de causeries, voyageur né, rêvant d’aller visiter en yacht les côtes de Grèce, et Parisien de cœur et d’âme, tout heureux d’une heure de flânerie le long des quais. Ses goûts ? Encore une antithèse. Il