sans une ligne, c’est aussi son mot d’ordre à lui. À six heures du matin, il est levé, dans ce petit hôtel de l’avenue d’Eylau (je me trompe et c’est moi qui ai demandé qu’on débaptisât l’avenue), il est à l’œuvre dans sa chambre de « l’avenue de Victor Hugo ». À onze heures, il fait ses ablutions, il déjeune avec ses enfants, il va et vient. Ses joies étaient, autrefois, dans les beaux jours, d’aller aux Tuileries, le matin, regarder les gamins creuser des trous dans le sable. Maintenant les Tuileries sont trop loin. Il prend le frais dans son jardin. Puis il rentre et travaille encore ou va au Sénat. Il aime le Sénat et le défend volontiers.
Le soir, il reçoit, il cause après dîner et se couche à onze heures. Dans son existence entière, on ne compterait pas un seul excès, si ce n’est le travail ; mais ce labeur, c’est sa vie même.
« Dans toute ma vie, qui est longue, nous disait-il un jour, je n’ai pas bu la valeur d’un verre à bordeaux d’alcool. »
Il pense toujours et à des œuvres multiples : théâtre, romans, poésie, la Fin de Satan, les Jumeaux ou Torquemada.
Lorsqu’une idée lui vient, il la jette, rapide