sur le papier, sous forme de note ; c’est ce qu’il appelle ses copeaux. Il y a des copeaux de jour et des copeaux de nuit. Les nuits d’insomnies, Victor Hugo écrit, dans l’ombre, les pensées qui l’assaillent ; le lendemain, le jour venu, une seule lettre, un seul jambage lui suffit pour retrouver, parmi ces caractères en quelque sorte hiéroglyphiques, tracés sans lumière, la pensée qu’il a voulu fixer. Il a, de ces copeaux, notes, hémistiches, impressions, souvenirs sur de petits carnets, la valeur de plusieurs volumes qu’on pourrait appeler, qu’on appellera peut-être Victor Hugo au jour le jour. Ce sont les miettes du génie.
Cette continuelle préoccupation, les causeries quotidiennes, la pensée qu’il porte en lui, les souvenirs qu’il projette, si je puis dire, hors de lui, ne l’affaiblissent point. Tel qu’il est, à cette heure même, il marche rapidement comme un jeune homme, et monte ses escaliers lestement.
Physiquement, d’ailleurs, Victor Hugo a toujours été doué comme nul autre. Gustave Planche a écrit que la faculté de vision de Victor Hugo était telle que, du haut des tours Notre-Dame, il pouvait facilement reconnaître