Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/25

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GLORIA




Le soleil quand on veut l’envisager éblouit, la cloche qu’on entend de trop près rend sourd.

Il n’y a chose si belle qu’on puisse la regarder autrement qu’un temps bien court,

Comme le vers sur le papier que le blanc interrompt par intervalles,

Et comme l’idée qui pour reprendre vers le but avec toute la force originale

A besoin que d’autres idées l’une sur l’autre la préparent et lui rendent cet élan une seconde qui emporte tout !

Ainsi après la grande acclamation pour commencer qui s’empare du ciel et de la terre, ces espèces de cris coup sur coup :

C’est Vous, c’est moi, je Vous loue, je Vous bénis, je Vous glorifie, je Vous aime,

je Vous rends grâce, Seigneur, non pas à cause de moi, mais à cause de Vous-même !

Et non pas seulement parce que Vous êtes nécessaire, mais parce que c’est beau

D’être dans cet iris autour de l’immense déploiement de Votre soleil moi-même cette parcelle de feu et d’eau !