Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Et qui sous son petit front borné, maints jours et mainte nuit longue et noire,

A préparé sa vengeance et ses reproches en rangs bien ordonnés,

Si tout à coup celui-là qui est le seul pour elle vient à se présenter,

Ah, qu’il n’aille pas lui mettre les deux mains à cette place où est son cœur,

De peur qu’il ne s’arrête de battre et qu’elle ne reconnaisse son seigneur,

Et qu’il ne voie, au lieu de ce juge qu’elle avait composé et de cette contenance sévère,

Sa tête peu à peu qui se rend et sa main qui peu à peu qui se desserre !



III


Il y a un homme qui a jugé inutile de regarder autre chose que le soleil ;

Il y a un homme qui a jugé que la Cause de tout suffit à lui apporter des nouvelles de tout ;

Il y a un homme qui juge inutile désormais de se déranger, à cause de l’existence du soleil !

Il s’est mis pour toujours à genoux.


Il y a un homme qui a reçu sa tâche le matin et qui ne fait plus qu’un avec elle !