Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/72

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Croyez-vous que ce soit une chose facile à faire que de lui faire du bien ?

Je dis de lui arriver pour de bon à l’unique moment opportun.

Dieu seul qui ne nous a pas lâchés en série mais nous a faits tous un par un,

Dieu qui seul nous prend au sérieux, son œuvre, à Lui seul cela est possible.

Et quand l’homme nous est fermé, Lui toujours nous demeure accessible.

Il n’y a qu’à faire ce que nous pouvons et à prier,

Nommant ce grain avec foi dans la terre dont on ne ait ce qu’il va sortir ou fructifier.

Mais vous, prêtres, vous n’êtes pas à nous pour un seul moment.

Votre prière n’est pas comme la nôtre cette fumée qui se dissipe à tous les vents,

Vous n’êtes que prière vous-mêmes, vous êtes la jointure et le ciment,

Vous ne faites qu’un avec Dieu ; vous ne faites qu’un avec nous aussi,

Vous commandez à Dieu, vous le faites et le tenez à votre merci,

Nous vous tenons, vous le tenez, et tout tient dans une seule Eglise,

Vous êtes l’Ordre par excellence en qui tout le corps s’organise.

Tout ne fait qu’une seule obsécration, tout ne fait qu’un seul malheur et tout ne fait qu’un seul sacrifice,

Quand vêtus d’or et de lin à l’autel vous vous retournez vers vos frères,