Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/74

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Et qui a tellement rédigé la Charte des Abeilles et des Fourmis,

Une Constitution si maligne et compensation si ingénieuse d’intérêts

Que la petite Cité pour toujours ne puisse pas périr quand elle le voudrait,

La bénédiction qu’il donne à tous les êtres qui vivent ensemble,

Cette invention de l’équilibre à chaque instant, et cette enceinte stricte et ample,

Nulle part, mais qui de tous les bourgeois en corps fait une seule personne sensible,

Outre la Foi écrite et Pierre distinctement intelligible,

Dieu a voulu que Sa ruche aussi en fût jusque dans chaque cellule pénétrée,

Je dis de ce sens, au regard du Prochain et de Lui qui porte le même nom de Charité.

Il y a quelqu’un qui a plus d’esprit que chacun de nous, c’est l’Eglise.

Quelqu’un qui a plus de vertu qu’un homme seul qui fait ce qu’il peut faire à sa guise.

Et c’est l’Eglise tout entière, ô prêtres, qui est à votre service comme un engin

Et comme une puissante armée que son chef pèse et et balance dans sa main,

Toute l’Eglise une seule chose avec vous par l’Ordre et par la sainte hiérarchie,

Une seule chose avec vous et par vous qui s’ébranle et qui vous obéit !

Un homme tout seul qui prie, quand il serait un saint, qu’est-ce qu’il offre pour ce qu’il demande à Dieu ?