Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/110

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Louis, mon fils, ne me tue pas ! Cela ne te servirait à rien. Tu n’auras pas ma fortune. Oui, je t’expliquerai ! J’ai des arrangements avec Sichel, elle a tout, j’ai pris une assurance !


Louis

Ne me provoquez pas !


Turelure

J’ai eu tort, j’ai fait le brave. Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je me suis laissé entraîner.

Oui, j’ai eu des torts envers toi, laisse moi un peu de temps, je ferai ce que tu voudras !

Je ne suis pas brave. Tu verras comme on tient à la vie quand on est vieux ! les jours comptent.

Ne me fais pas de mal, Louis !


Louis

Donnez-moi ces dix mille francs.


Turelure

Je ne peux pas, Louis ! Attends un peu ! Aie pitié de moi, mon enfant ! Cela ne m’est pas possible.


Louis

Savez vous une chose, mon père ? Savez-vous ce qu’elle m’a dit ?

Vous n’êtes pas libre, dites-vous, et je ne le suis pas lion plus, et elle ne l’est pas davantage.

Il lui faut cet argent que vous avez et qui n’est pas à elle.