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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/112

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LOUIS. — Elle veut. Vous avez touché son cœur.

TURELURE. — Comment veux-tu que je fasse maintenant ?

Je t’aurais encore donné cet argent, brigand, bien que ce soit dur.

LOUIS. — C’est plus dur encore de mourir.

TURELURE, avec un gros soupir. — C’est vrai, c’est encore plus dur de mourir.

Mais il n’y a pas moyen de faire autrement.

LOUIS. — Soyez sage.

TURELURE. — Non !

Tu peux tout demander à un Français

Excepté de faire le chapon et de renoncer à une femme par contrainte.

Cela, c’est impossible ! cela, non ! Je suis Français et tu ne peux pas me demander cela.

Tu peux tuer ton père, si tu le veux.

LOUIS. — C’est votre dernier mot ?

TURELURE. — Tue-moi si tu le veux…

Non, ne me tue pas, j’ai peur !

LOUIS. — L’argent.