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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/113

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TURELURE. — C’est impossible ! Tu ne crois pas en Dieu, Louis ?

LOUIS. — Je n’y crois pas.

TURELURE. — Je suis perdu, je ne suis entouré que de figures impitoyables !

Voici mon fils, et je me tiens au milieu de ces deux femmes qui me conduisent à la mort avec un sourire funèbre !

LOUIS. — Est-ce que vous y croyez ?

TURELURE. — J’y crois ! je suis le seul croyant et votre bestialité me fait horreur !

Tu ne comprends pas un homme du vieux temps.

J’y crois de tout mon cœur ! Je suis un bon catholique à la manière de Voltaire !

Non, non, je ne ris pas ! Mon fils, ne me tue pas ! ne me tue pas, mon enfant !

LOUIS, le couchant en joue avec les deux pistolets. — L’argent !

TURELURE, claquant des dents et essayant de tenir bon. — Non. C’est impossible. Ne me tue pas !

LOUIS. — L’argent, voleur !