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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/24

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LUMÎR. — Et lui permettre d’attendre la moisson qui sera belle, — il a plu, —

Et ses rentrées pour fournitures au Corps d’occupation.

SICHEL. — C’est sérieux ? Louis a fait quelque chose là-bas ?

LUMÎR. — Trois cents hectares aux portes d’Alger conquis sur les marais de la Mitidja !

Qui commenceront à rendre.

Notre père ne va pas laisser tout cela aller aux Juifs pour dix mille francs.

SICHEL. — Vous dites : notre père ?

LUMÎR. — Louis m’épouse, vous le savez.

SICHEL. — Je le sais, il me l’a écrit.

LUMÎR. — Il vous écrit ?

SICHEL. — Pauvre garçon ! J’ai de la sympathie pour lui, il le sait.

Je lui rends les services que je puis.

LUMÎR. — Vous lui devez bien cela.

SICHEL. — Comment est-ce que je lui dois bien cela ?

LUMÎR. — Toute sa fortune a passé aux mains de votre père.