Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/26

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Sichel

Je ne suis pas Sichel ! C’est le vieux qui m’appelle ainsi. Il ne se souvient d’aucun nom,

Moitié insolence, moitié imbécillité, et nous rebaptise tous,

Si je peux dire.

C’est ainsi que de mon père il a fait Ali Habenichts, — ça lui donne la juste pointe d’Orient et de Galicie, dit-il, —

Et de moi, qui suis Rachel, Sichel, qui est en allemand

Faucille dans le ciel clair du mois nouveau.

Bon. Cela va bien comme ça.


Lumîr

Je sais que vous pouvez tout ici.


Sichel

Je suis la maîtresse, n’est-ce pas ?


Lumîr

Si je ne le croyais pas, pourquoi serais-je ici ?


Sichel

Vertueusement accompagnée de notre vieille tante de Grodno, l’ineffable Madame Kokloschkine.

Vous êtes gentille dans ces habits d’homme.


Lumîr

C’est plus commode pour le voyage.