Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/86

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Quelqu’un pour écouter ce que je dis et avoir confiance en moi,

Quelqu’un avec votre visage qui n’est pas tellement beau, mais il n’en est aucun autre qui ait du charme pour moi, et il me parle de tant de choses que je ne comprends pas,

Un compagnon à voix basse qui vous prend dans ses bras et qui vous avoue qu’il est une femme, — un ami, Un seul, c’est assez d’un.


Lumîr, les yeux baissés.

Oui, je suis cela pour vous. Ne croyez pas que je suis insensible.


Louis

Cependant, tu vas te vendre à mon ennemi, à ce père qui m’a fait !

Nul ennemi ne vous a suffi si ce n’est précisément celui-là.


Lumîr

Louis, tout de même, j’existais avant de vous connaître. Et moi aussi, avant que vous soyez là. J’ai un père qui m’a fait.


Louis

Vous l’aimiez, lui !


Lumîr

Mon père, mon frère et moi.