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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/99

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LOUIS. — Je ne suis ni Turelure ni Coûfontaine.

TURELURE. — Tu es Turelure, le front et le nez sont les miens.

La bouche fine et dessinée est celle de ta mère. Quelque chose d’assez simple.

LOUIS. — C’est à cause de la bouche que Vous me haïssez ?

TURELURE. — Non, c’est à cause du nez et du front.

LOUIS. — Un père se réjouirait d’être ainsi continué.

TURELURE. — Qu’est-ce qu’il y a à continuer ? Il n’y a pas besoin de deux Turelure. Et moi, à quoi est-ce que je sers, alors ?

LOUIS. — Je ne suis pas Turelure.

TURELURE. — Tu l’es. Tu te sers de la même figure que moi et ton âme fait les mêmes plis.

Je te comprends à fond, et ne dis pas que tu ne me comprennes pas aussi ! ça bouge ensemble.

Ou sinon je ne verrais pas ce regard dans tes