Page:Claudel - Trois poëmes de guerre.djvu/29

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AUX MORTS
DES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE


De nouveau après tant de sombres jours le soleil délicieux

Brille dans le ciel bleu.

L’hiver bientôt va finir, bientôt le printemps commence, et le matin

S’avance dans sa robe de lin.

Après le corbeau affreux et le sifflement de la bise gémissante.

J’entends le merle qui chante !

Sur le platane tout à l’heure j’ai vu sortir de son trou

Un insecte lent et mou.

Tout s’illumine, tout s’échauffe, tout s’ouvre, tout se dégage !

Peu à peu croît et se propage