Page:Clemenceau - Au soir de la pensée, 1927, Tome 2.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
13
l’atome

pour le moment, qu’à nous recueillir en fermant les yeux. Je ne puis que tourner les pages, en incitant la curiosité du lecteur à les reprendre. D’admirables chapitres de M. Jean Perrin sur la radio-activité, les structures moléculaires, les mouvements moléculaires dits browniens. Que ne puis-je le suivre indéfiniment !

Aussi bien en sommes-nous ainsi venus au seuil des généralisations obligatoires qui tentent si vivement nos cultures d’ignorance et de connaissance inextricablement emmêlées. Essayons de contenir l’une par l’autre notre audace et notre prudence. « Il résulte des beaux travaux de sir J. Thomson, écrit M. Jean Perrin, que l’atome d’électricité, dont l’existence vient d’être établie, est un constituant essentiel de la matière… » « Toute ionisation divise l’atome, d’une part, en un ou plusieurs corpuscules négatifs, de masse insignifiante, et, d’autre part, en un ion positif, relativement plus lourd, formé du reste de l’atome. L’atome n’est donc pas insécable, au sens strict du mot, et peut-être consiste-t-il en une sorte de soleil positif dans lequel réside l’individualité chimique, et autour duquel s’agite une nuée de planètes négatives, de même sorte pour tous les atomes… À chaque élément radio-actif correspond une période, ou durée, pendant laquelle la moitié de toute masse notable de l’élément subit la transmutation. Cette période est d’environ 2 000 ans pour le radium. » Suit un tableau de quelques périodes de transmutation qui vont depuis un cinq centième de seconde jusqu’à 5 milliards d’années de l’uranium à l’hélium.

« Dans tous les cas, observe le même auteur, ce sont des atomes légers qui sont ainsi obtenus par désintégration des atomes lourds… Si les atomes lourds se régénèrent, ce doit être au centre des astres où la température et la pression, devenues colossales, fournissent la pénétration réciproque des noyaux atomiques en même temps que « l’absorption d’énergie », disons des charges d’énergie. Nous devons admettre qu’un projectile d’hélium perce les atomes (les interstices ne pouvant se conformer à la ligne d’émission). « Une balle de fusil suffisamment rapide traverserait un homme sans l’endommager »… « Un projectile alpha, avant de s’arrêter, perce environ cent mille atomes d’aluminium… l’énergie initiale d’un tel projectile étant plus de