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LES CAHIERS

mière ligne des Russes, en battant la charge. La musique se faisait entendre, sur l’air :

On va leur percer le flanc.

Les tambours répétaient :

Rantanplan, tirelire en plan !
On va leur percer le flanc.
Que nous allons rire !

Du premier choc, nos soldats enfoncèrent la première ligne, et nous, derrière les soldats, la seconde ligne. On perça le centre de leur armée et nous fûmes maîtres du plateau de Pratzen, mais notre aile droite souffrit beaucoup. Nous les voyions qui ne pouvaient monter cette montagne si rapide. Toute la garde de l’empereur de Russie était en masse sur cette hauteur. Mais on nous fit appuyer fortement à droite. Leur cavalerie s’avança sur un bataillon du 4e qui couvrit de ses débris le champ de bataille. L’Empereur l’aperçoit et dit au général Rapp de charger. Rapp s’élance avec les chasseurs à cheval et les mamelucks, délivre le bataillon, mais est ramené par la garde russe. Le maréchal Bessières part au galop avec les grenadiers à cheval qui prennent la revanche. Il y eut une mêlée pendant plusieurs minutes, tout était pêle-mêle, on ne savait qui serait maître, mais nos grenadiers furent vainqueurs et ils revinrent se placer der-