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LAUSANNE À TRAVERS LES ÂGES

dités soit auprès du duc de Bourgogne, soit auprès de la régente donnaient à la vieille cité épiscopale une animation extraordinaire ; les diplomates logeaient à l’auberge du Lion[1] ou dans les autres hôtelleries de la rue de Bourg. Le 29 avril, le duc étant malade, alla habiter le château de Menthon près de la Cathédrale. L’évêque de Lausanne était alors le cardinal Julien de la Rovère, qui devait porter la tiare et s’illustrer sous le nom de Jules II ; il n’avait pas encore pris possession de son diocèse. Comme il s’y rendait, raconte Comines, le roi Louis XI le fit arrêter à son passage à Lyon, et le retint dans une captivité plus ou moins déguisée, afin de l’empêcher d’arriver à temps pour prévenir une nouvelle rencontre entre le duc de Bourgogne et les Suisses.


V

Réunion de la Cité et de la ville inférieure en une seule communauté (1481). — Alliance avec Berne et Fribourg (1525).

Lors des guerres de Bourgogne, Lausanne fut pillée par les troupes du comte de Gruyère, puis par les Confédérés. Ces désastres ayant mis en relief l’impuissance du prince-évêque, les bourgeois s’entendirent. La Ville et la Cité se réunirent pour ne former plus qu’une seule communauté. L’administration en fut dévolue à un conseil ayant à sa tête deux gouverneurs ou prieurs, nommés par les bourgeois avec l’assentiment du chapitre de Notre-Dame. C’est le 6 juillet 1481 que s’opéra cette jonction entre la Cité et la Ville inférieure. Comme celle-ci avait déjà, depuis longtemps, ainsi que cela est dit plus haut, deux magistrats et un conseil, cela revient à dire que la ville inférieure s’annexa la ville haute avec certaines réserves en faveur des chanoines.

Lausanne avait alors comme syndic Maître Jean Bagnyon, licencié ès décrets et Pierre Ravier. Le premier, dit M. E. Chavannes, paraît avoir été un homme fort distingué. Ses connaissances juridiques furent souvent mises à contribution par les Lausannois lors de leurs disputes avec l’évêque Benoît de Montferrand ; il eut une grande part à la rédaction de l’acte d’union des deux villes. C’était un lettré, auteur d’un roman intitulé : Fier à bras le géant, qui fut imprimé à Genève en 1478 et qui fut réimprimé plusieurs fois soit à Genève, soit à Lyon. Ce livre est un récit en prose de la vie de Charlemagne, il eut un grand succès à Lyon et à Paris. Le but de l’auteur était d’exalter la foi chrétienne en la personne du grand empereur. Jean Bagnyon se fixa à Genève en 1487[2].

Les droits des bourgeois avaient été naguère consacrés, dans une certaine mesure, par l’empereur Sigismond de Luxembourg et par Frédéric III d’Au-

  1. Cette auberge était située à la rue de Bourg à droite en montant. Il ne faut pas la confondre avec celle du Lion d’or, de date plus récente, qui était de l’autre côté de la rue, et dont on parlera plus loin.
  2. Voir Extraits des Manuaux de Lausanne de 1383 à 1411 annotés par Ernest Chavannes, Mémoires et documents de la Société d’histoire de la Suisse romande.