Page:Collectif - Le Livre rose vol 2.pdf/367

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à la fois, comme, par exemple : « Qui ne risque rien n’a rien. — Tout vient à point à qui sait attendre. » Bien supérieure en cela aux oracles anciens, qui ne répondaient jamais ni oui ni non.


Certain jour d’un hiver rigoureux, Garnier, tristement appuyé sur son poêle éteint, réfléchissait aux choses de ce monde. Il regardait sa provision de bûches, ses livres, sa table de nuit, sa chandelle et son habit vert ; et il se disait, en secouant la tête, que ce n’était pas là le véritable bonheur.

Cette provision, il faut l’avouer, était mesquine, ces livres étaient noirs et enfumés, cette chandelle était mourante, et l’habit vert était attendrissant. Oui, si vous l’aviez vu, étalé sur cette chaise à demi rompue, avec ces plis misérables et cet air de bonhomie, lui, l’habit de fête, l’étendard du dimanche ! les paremens vous eussent navré, le collet vous eût tiré des larmes des yeux.

Ce n’est pas que Garnier n’eût l’âme bien placée : il ne s’aveuglait sur quoi que ce soit, et n’accordait pas à un tailleur plus de respect qu’il ne devait. Mais, s’il est vrai que tout homme ait ses mauvais jours, n’est-il pas vrai aussi que la pauvreté n’est pas faite pour les adoucir ? La mélancolie, qui se glisse dans les palais sous