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LES LETTRES CANADIENNES


dans le « ciel bleu, » ce sont les « bruits qu’une vision apporte, » c’est la vue d’une « charmille, » c’est « la sylphide vermeille qui s’éveille avec les papillons, » c’est « la grenouille stridente, » c’est la « belle nature » couronnant le fleuve Saint-Laurent, ce sont des « pics géants que le ciel décore, » « des monts qui défient le regard humain, » c’est votre éclat,

O caps entassés dont l’orgueil se mire
Dans les flots profonds du noir Saguenay !
Falaises à pic que la foule admire !
Rocher que la foudre a découronné !

comme dans l'Impromptu à madame G…

Tous ces objets se trouvent dans la « belle nature, » mais on les trouve aussi dans Victor Hugo, où ils sont plus faciles à découper.

Par contre, l’on ne rencontre rien de tout cela dans les auteurs anciens comme source de l’inspiration, et je n’ai pas mémoire qu’Anacréon ni Horace aient jamais entassé de cette manière Ossa sur Pélion pour prouver à madame G… leur amitié. Les albums de l’antiquité étaient de dimension plus petite.

Pascal Poirier.

(à continuer.)