Page:Collectif - Revue canadienne, Tome 1 Vol 17, 1881.djvu/456

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teux ; puis il y a l’inévitable café chantant, où, il va sans dire, la morale est insultée de la façon la plus révoltante. À côté de ces plaisirs il y a la misère humaine, et pour cette dernière les hôpitaux. Denver en compte deux : l’un est soutenu par le comté ; l’autre est sous la direction des Sœurs de Charité venant de Leavenworth (Kansas). Ces bonnes religieuses sont loin d’être riches ; mais elles ont un dévouement sans bornes ; et malgré leurs préjugés ordinaires, les protestants sont forcés de reconnaître la supériorité des services qu’elles rendent à ceux qui souffrent. Il y a environ une trentaine d’églises représentant diverses congrégations réformées. Elles sont pour la plupart d’une apparence assez pauvre, sans aucun style, froides et vides comme leur sanctuaire. La ville n’a pas encore d’édifices municipaux, et en attendant mieux, elle a installé ses bureaux d’une façon provisoire. Les professions libérales sont littéralement encombrées : toutes celles qui concernent l’enseignement ainsi que les places de bureaux sont prises d’assaut par les malades, qui ayant encore assez de force pour travailler, offrent leurs services à n’importe quel prix, dans l’espoir de recouvrer la santé sous un climat réputé favorable. Il en est de même pour les employés de commerce. En somme, Denver n’offre pour le moment aucun avantage pour celui qui veut s’y fixer sans quelques capitaux ou sans une spécialité répondant aux besoins les plus pressants d’une ville naissante. Ainsi donc, avant d’émigrer au Colorado, il sera bon de ne pas se fier aux rapports de gens trop enthousiastes, et à la réclame généralement trompeuse des journaux. Les Canadiens-français particulièrement, devront prendre cet avis comme le plus sage et le plus sûr ; et en s’attachant plus fortement à leur sol, ils lui rendront justice et ne viendront plus augmenter le nombre de ceux de leurs compatriotes, qui jusqu’à présent, ont été pour la plupart les dupes d’agents mercenaires et corrompus.

Commerce, agriculture et chemins de fer.

L’élevage des bestiaux sur la prairie, tels que chevaux, bœufs et moutons, est d’une importance remarquable au Colorado. Ce commerce est connu sous le nom de stock