Page:Collectif - Revue canadienne, Tome 1 Vol 17, 1881.djvu/458

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nant le chiffre des affaires de cette ville pour l’année 1878. Selon cette feuille, le résultat aurait été d’à peu près $25 millions de piastres ; et cela pour une population qui alors ne dépassait pas vingt-cinq mille âmes. Cet exemple seul, suffit pour désabuser les plus crédules et pour se défier de toute réclame en général. Enfin il est bon de savoir qu’il n’existe nulle part de pays de Cocagne : il en est de plus ou moins avantageux, mais l’on rencontre partout des difficultés et des obstacles, et le vieux proverbe : Aide-toi, le ciel t’aidera, vaut mieux que tous les Eldorados du monde avec leur abondance imaginaire et les fatales déceptions qui s’en suivent.

Une question importante est celle de l’agriculture, qui toujours est la plus solide richesse d’un pays. Il est vrai qu’elle est encore ici à l’état d’enfance ; mais elle promet un bon développement, et déjà ses résultats sont remarquables. L’on va sans doute être surpris d’entendre parler de céréales, là il n’existe pour ainsi dire ni pluies, ni cours d’eau importants ; mais les immenses irrigations que l’on est obligé de faire, suppléent à cette disette d’une façon merveilleuse. Nous allons voir comment ce moyen est mis en pratique, et comment il a été couronné de succès jusqu’à ce jour. Il y a dans les montagnes des lacs ainsi que des sources plus ou moins abondantes qui se précipitent dans la plaine en passant par des défilés que l’on nomme ici canons. En suivant la pente de ces torrents, il est facile de détourner de distance en distance une partie de leurs eaux, afin de les conduire dans les endroits propres à la culture ; mais comme l’irrigation ne doit pas être constante, l’on se sert ordinairement de petites écluses s’ouvrant et se fermant à volonté ; ce qui est aussi simple que facile. Lorsqu’il s’agit d’arroser la plaine au loin, l’on utilise pour le moment les rares ruisseaux qui la sillonnent, ou l’on pratique, quand on le peut, des puits artésiens. Mais ces derniers moyens sont plus qu’insuffisants, et les progrès de l’agriculture s’arrêteraient bientôt, si l’on n’avait jamais pensé à faire des travaux d’irrigation plus gigantesques. Il vient de se former en Angleterre une société puissante dont le but est entre autres, d’exploiter le Colorado et d’y créer de nou-