Page:Combes - Essai sur les idées politiques de Montaigne et La Boëtie.djvu/8

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La Boëtie dans le Contr’un. Notre savant et ingénieux philologue M. Dezeimeris, membre correspondant de l’Institut, en avait dit un mot, bien avant moi, et, je l’avoue, à mon insu. J’ai développé ses prévisions toujours sûres, en m’appuyant des allusions, des noms propres, des citations du Contr’un, et faisant servir La Boëtie à ma chronologie et à mon œuvre. C’est un petit point, mais je l’ai mis, je crois, hors de doute.

La Boëtie me menait droit à Montaigne. Il était curieux de voir comment deux amis pouvaient penser différemment en s’aimant si étroitement. Dans les révolutions, la conformité d’idées fait souvent l’amitié et la rend plus durable. J’ai suivi jusqu’au bout cette situation psychologique, et j’ai trouvé que sous des formes d’état diverses et avec un caractère opposé, nos deux chercheurs, l’un austère, l’autre plus doux, se donnaient la main pour une même chose, une sage et honnête liberté.