Page:Comeau - La vie et le sport sur la Côte Nord du Bas Saint-Laurent et du Golfe, 1945.djvu/10

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INTRODUCTION

que de vies n’ont-elles pas été sauvées. Depuis longtemps déjà, avant que l’on entendit parler du Dr Grenfell en Amérique, il prodiguait ses soins à l’humanité souffrante. Pendant nombre d’années, il fut le seul, sur une étendue de plusieurs centaines de milles, qui eût quelques connaissance en médecine. Dans les familles bien éparses des différents postes de pêche, lorsque « les sauvages avaient passé », Napoléon Comeau avait été appelé : il le fut plus de trois cent-cinquante fois, et jamais il ne lui arriva d’accident.

Son habileté de chirurgien, acquise par des années de pratique, et après un seul mois de clinique à l’hôpital, les connaissances médicales qu’il s’est données par l’étude et des lectures constantes, ses instruments de chirurgie, daviers, forceps, scalpels, drogues médicinales, sérums antidiphthériques et autres fournis par le Gouvernement, tout cela est à toute heure et gratuitement au service des gens, non seulement de la localité, mais aussi de tous ceux qui demeuraient à des dizaines et centaines de milles de distance ; pour lui c’étaient des voisins.

Ce chapitre d’introduction n’en finirait pas, s’il fallait détailler le champ d’action où Napoléon Comeau déploie son activité.

À Godbout où il réside, il est directeur de la poste, télégraphiste, adjoint du coroner, surintendant des pêcheries pour le gouvernement du Canada, et garde-pêche pour le saumon. Il a été agent de la Compagnie de la baie d’Hudson, et parle aussi familièrement la langue des Montagnais que le français et l’anglais.

Ayant de fait passé toute sa vie sur la côte, il en connaît sur le bout du doigt toute la chronique courante et événements tragiques. Aux pages qui suivent, il les raconte avec cette bonhommie de langage et de style qui le caractérisent.