Page:Comeau - La vie et le sport sur la Côte Nord du Bas Saint-Laurent et du Golfe, 1945.djvu/244

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NOTRE VOYAGE DE RETOUR

Les chemins étaient tellement mauvais qu’il faisait déjà nuit quand nous arrivâmes à la Baie Saint-Paul. Nous descendîmes à un hôtel tenu par un M. Bois. Durant la soirée Bois me posa bien des questions sur ma famille et les endroits où nous avions demeuré sur la Côte Nord. Je le trouvai un peu curieux ; mais comme je n’avais rien à cacher, je lui dis tout ce qu’il désirait savoir, et aussi, comme du reste à tous les endroits où nous arrêtions, je lui fis le récit de « nos épreuves à travers les glaces ».

Le lendemain matin, on nous réveillait à cinq heures, car notre charretier voulait se rendre à la Malbaie et s’en retourner ce jour-là. Un appétissant déjeuner nous attendait, et nos fusils, raquettes et paquets étaient déjà installés dans la carriole. Je me pris à penser à part moi que, si mon homme s’était montré bien curieux, en revanche il savait aussi ce que c’était que de voyager. Dès que nous fûmes prêts à partir, je lui demandais sa note.

— Mon cher ami, me répondit-il, j’ai quelque chose à vous dire. Il y a vingt-six ans, j’étais en bas sur la Côte Nord en rapport avec un navire naufragé. Absolument étranger dans l’endroit, votre père eut la bonté de me loger pendant deux jours. Quand je voulus régler ce que je pouvais lui devoir, il me dit qu’il ne tenait pas de maison de pension. Eh bien ! je n’en tiens pas moi non plus pour son fils.

Et me serrant la main, il nous souhaita bon voyage.

Voilà de ces actes de gratitude qui vous vont droit au cœur.

À la Malbaie, nous fûmes chaleureusement reçus par le maire, M. Kane, Messieurs Angers, Cimon, P. et Elie Maltais et autres notables. Nous y fûmes les hôtes de M. Elie Maltais. Ces braves gens ne voulurent pas nous permettre de louer des voitures, et les personnes que je viens de nommer mirent à