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PERDRIX ET AUTRES OISEAUX TERRESTRES

active et que les chiens les font se lever et se jucher dans les arbres, je ne les ai pas trouvés plus farouches qu’ici. Durant la saison de prohibition de cette chasse, m’a-t-on dit, on en prend en quantité au collet de la façon que j’ai décrite, et aussi en tendant les collets à terre, l’absence de tout bruit rend bien difficile la découverte des braconniers. On y tuait aussi des jeunes perdrix à peine adultes, que les grands hôtels s’empressaient d’acheter et qu’ils servaient ensuite en guise de cailles importées ou de quelque équivalent.

De toutes ces variétés, la perdrix blanche est d’un grand bout la plus abondante, et on ne peut plus recherchée comme plat, les années qu’elle est de passage. Elle est très irrégulière comme immigrante, en ce sens qu’elle ne vient pas régulièrement à chaque saison, comme la plupart des autres oiseaux ; parfois on est trois ou quatre ans sans en voir.

J’ai de nombreuses notes à ce sujet, et j’ai constaté qu’à chaque décade, cette perdrix est en grande abondance. Voici quelques-unes de ces notes :

1863 et 1864 — Abondance extraordinaire.

1867 — Disparition.

1871 — Quelques-unes vues, mais aucune entre 1867 1871.

1872 et 1873 — Derechef en abondance et disparition complète en 1876.

1882 — Vu quelques-unes.

1883, 1884 et 1885 — Grande abondance.

1887 — Disparition complète.

1891 — Vu quelques-unes. Augmentant graduellement en nombre chaque année jusqu’en 1895, alors qu’elles se montrent en quantités considérables.